Paul Biya annonce un dialogue national inclusif

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Dans son discours, très attendu, d’une trentaine de minutes prononcé le 10 septembre 2019, Paul Biya a montré qu’il est à l’écoute de ses compatriotes qui appelaient au dialogue inclusif pour la résolution de la crise qui sévit dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest du Cameroun.

A l’annonce le 9 septembre 2019, par le directeur du Cabinet civil, Samuel Mvondo Ayolo, de l’imminence du discours du président de la République, les spéculations sont allées bon train dans les chaumières, les médias et les réseaux sociaux. De la démission de Paul Biya, à la résolution des différentes crises que traversent le Cameroun, en passant par la libération des prisonniers dits politiques, chacun y est allé de son latin et de ses propositions.

Tout le monde était pourtant unanime sur le fait que la crise qui sévit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis bientôt trois ans devait retenir l’attention du chef de l’Etat dans son adresse attendue à la Nation.

Sur ce dernier point, la plupart des « spéculateurs » ne s’est pas trompé puisque lors de son discours à la Nation, le 10 septembre 2019, Paul Biya a focalisé son attention uniquement sur la crise qui sévit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Le président de la République, dans un discours d’une trentaine de minutes, après avoir fait l’historique de la crise qui sévit dans la zone dite anglophone du pays et les mesures prises par le gouvernement pour résorber cette crise, a fait une annonce forte, à savoir, la convocation dès la fin de ce mois de septembre d’un dialogue national inclusif.

En convoquant cette assise nationale, le président de la République montre qu’il est à l’écoute de ses compatriotes et des partenaires bilatéraux et multinationaux du Cameroun. Paul Biya déclare : « Les nombreuses consultations que je n’ai cessé de mener au sujet de cette crise, m’ont permis de prendre la mesure de l’ardent désir des populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest de retrouver le cours normal de leurs vies, de pouvoir de nouveau, en toute sécurité, exercer leurs activités économiques et sociales, de voir les réfugiés et les personnes déplacées revenir et les enfants retrouver le chemin de l’école. La récente tournée du Premier Ministre dans les deux régions a permis de confirmer ce sentiment.

J’ai la ferme conviction, à cet égard, que le moment est venu de mobiliser toutes les forces positives et constructives de notre pays, à l’intérieur comme dans la diaspora, pour que ce désir devienne une réalité.

C’est pourquoi, j’ai décidé de convoquer, dès la fin du mois en cours, un grand dialogue national qui nous permettra, dans le cadre de notre Constitution, d’examiner les voies et moyens de répondre aux aspirations profondes des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais aussi de toutes les autres composantes de notre Nation.

Le dialogue dont il est question, concernera principalement la situation dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Mais, il est évident qu’en cela même il touchera à des questions d’intérêt national, telles que l’unité nationale, l’intégration nationale, le vivre-ensemble, il ne saurait intéresser uniquement les populations de ces deux régions.

Il aura donc vocation à réunir, sans exclusive, les filles et les fils de notre cher et beau pays, le Cameroun, autour de valeurs qui nous sont chères : la paix, la sécurité, la concorde nationale et le progrès. »

Si l’annonce de ce dialogue a constitué le temps fort du discours du président de la République, il reste qu’il a tenu à apporter des réponses aux nombreuses questions que de nombreux Camerounais se posaient. Pour le chef de l’Etat, le Cameroun restera un Etat unitaire décentralisé, l’accélération du processus de décentralisation et la convocation des prochaines élections régionales devant parachever ce processus; la politique de l’équilibre régionale sera poursuivie ; le respect de la règle de droit et la lutte contre l’impunité restent les piliers de la consolidation de l’Etat de droit.

Fabien Okonkwo

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