Jean-Yves Le Drian : « Nous sommes plutôt en ce moment sur une dynamique positive »

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Le député Sébastien Nadot du Mouvement des Progressistes a interpellé, le 16 décembre 2019, Jean-Yves Le Drian sur la situation humanitaire critique au Cameroun. Pour ministre français des Affaires étrangères, la dynamique enclenchée par le président Paul Biya encouragé par ses partenaires est plutôt positive.

Fait rarissime à l’Assemblée nationale française : le député Sébastien Nadot du Mouvement des Progressistes a interpellé, le 16 décembre 2019, Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, sur un sujet de politique étrangère, notamment la situation humanitaire au Cameroun. Ce fait inhabituel mérité d’être souligné et relayé.

S’adressant au ministre des Affaires étrangères, Sébastien Nadot a déclaré « Je veux savoir ce que fait la France pour que la situation humanitaire déplorable et la guerre qui se déroulent en zone anglophone au Cameroun ne se transforment pas en véritable génocide d’ici quelques mois. »

En réponse à cette interpellation, Jean-Yves Le Drian a saisi l’occasion pour parler des actions et démarches de la France auprès des autorités camerounaises ainsi qu’au Conseil de sécurité. Jean-Yves Le Drian affirme: « Monsieur le Député, La France est préoccupée de la situation au Cameroun. Elle ne se contente pas de faire du déclaratif, y compris au Conseil de sécurité, mais la France se rend sur place. Comme vous le savez, à la demande du président de la République, je me suis rendu au Cameroun il y a un mois. Je l’ai fait d’autant plus facilement à ce moment-là que, suite à de nombreuses démarches que nous avions initiées, le président Biya a décidé de rendre leur liberté à plusieurs opposants politiques, dont l’opposant principal, M. Maurice Kamto. Ce qui fait que, à cette occasion, j’ai pu rencontrer et le président Biya pour faire valoir nos préoccupations que vous citez, mais aussi les différents partis d’opposition, dans la perspective d’une plus grande transparence et d’une plus grande reconnaissance des partis d’opposition dans la perspective des élections législatives, qui auront lieu, comme vous le savez, le 9 février prochain.

Mais, parallèlement à cela, ces entretiens, je crois, ont permis d’avancer sur la situation des [régions du] nord-ouest et sud-ouest du Cameroun, dites [régions] anglophones, parce que le président du Cameroun s’est engagé sur la voie de la décentralisation, parce qu’il s’est engagé sur le fait que ces deux régions bénéficieront d’un statut spécial au terme du processus législatif, et parce qu’il y a eu, à l’initiative des autorités, ce qu’ils ont appelé un grand dialogue national qui s’est tenu à Yaoundé à la fin du mois de septembre. Cela est d’autant plus juste que, en ce moment même, Monsieur le Député, se déroule le processus législatif sur la décentralisation, à laquelle la France apportera un soutien technique.

Donc, nous allons garder une grande vigilance parce que la situation est difficile. Mais nous sommes plutôt en ce moment sur une dynamique positive. »

Faut-il le souligner, avant d’interpeller Jean-Yves Le Drian à l’hémicycle de l’Assemblée nationale française, le député Sébastien Nadot avait, ce même 16 décembre 2019, adressé une correspondance à l’ambassadeur Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies, correspondance dans laquelle il exprimait son inquiétude quant à la situation critique qui prévoit dans les régions anglophones du Cameroun. « Je vous écris pour exprimer ma profonde inquiétude concernant le conflit armé en cours au Cameroun qui a déjà occasionné plus de 3000 morts et le déplacement de près de 800 000 Camerounaises et Camerounais à l’intérieur du pays ou vers le Nigeria. Désormais, plus de 4 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire et au moins 600 000 enfants sont privés d’école depuis 3 ans », écrivait-il. Aussi rappelait-il l’absence de la France, le 6 décembre 2019, lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies, pour se demander si « la France a choisi la politique de la chaise vide pour répondre à la terrible situation que vivent actuellement les Camerounaises et le Camerounais. ».

En réaction, Jean-Yves Le Drian a réfuté cette accusation en précisant, le 18 décembre 2019, que contrairement aux déclarations du député Sébastien Nadot, la France était bien représentée le 6 décembre dernier à la séance du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée notamment au Cameroun.

C’est dire que la situation sécuritaire, humanitaire et sociopolitique que traverse le Cameroun ne laisse pas la France et les partenaires du Cameroun indifférents.

Valérie Sidonie Maïga

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