Depuis quelque temps, deux camps s’affrontent dans les médias et sur les réseaux sociaux sur la nécessité ou l’opportunité de prendre part aux prochaines élections législatives et municipales : les partisans du boycott et ceux du « non au boycott ».
La position des partisans du boycott qui refusent de s’accommoder d’une démocratie et des élections de façade, est compréhensible. On peut également comprendre leur argument selon lequel lorsque les principes sacrés du jeu politique et démocratique sont bafoués, continuer à être des faire-valoir politiques devient une abdication et une sorte de complicité. Pour eux, il y a des moments où il faut se faire entendre même au prix de la protestation véhémente ou de l’inimitié.
Cependant, les protestations véhémentes, les cris d’orfraie, les poings levés, les caricatures et autres slogans ne suffisent pas pour déraciner un régime solidement enraciné. Encore faudrait-il penser, s’organiser et adopter une démarche tactico-stratégique permettant de mobiliser les forces politiques et sociales pour atteindre cet objectif.
A mon avis, dans toutes les variantes du réalisme ordinaire, et si on considère la politique sous l’angle des dividendes électoraux, les absents ont toujours tort. La désertion est d’autant inadmissible qu’elle est consciente et délibérée.
Les hommes politiques, les politiciens, les organisations de la société civile et leurs leaders devraient envahir tous les espaces où on peut faire avancer la Lutte pour une alternative patriotique, en tenant compte du fait que toute stratégie du changement est d’abord et avant tout une stratégie de rassemblement des forces patriotiques et en considérant que l’alternative patriotique est ou sera le résultat des efforts multiples.
Dans un contexte où le rapport de force est défavorable aux partis dits d’opposition dont les faiblesses organisationnelle, structurelle et financière sont patentes, et face à un adversaire déloyal, tout puissant, prêt à tout pour se pérenniser au pouvoir ad vitam æternam, il vaut mieux adopter la stratégie de la goutte d’eau, la finalité étant de le circonvenir dans son propre jeu, dans ses espaces, pour le battre un jour, sans pertes ni excès de risque, mais surtout en évitant tout défaitisme et toute résignation, le chemin pour la victoire finale étant encore long.
Nous avons souvent tort de faire accroire qu’un Code électoral (même parfait) à LUI SEUL peut permettre les élections démocratique, libre, transparente, équitable et juste. Déserter un des champs majeurs de la Lutte, c’est dérouler le tapis rouge sous les pieds du régime en place pour sa perpétuation.
Bien plus, pour des jeunes partis, aller aux élections, c’est se soumettre à l’épreuve du feu électoral ; c’est aguerrir leurs militants ; c’est les éduquer via les campagnes électorales.
Prendre part aux élections, c’est aussi l’occasion de montrer à l’opinion nationale et internationale les lacunes du système.
En aucun cas, aller aux élections ne devrait être considéré comme une caution apportée au régime et aux résultats officiels, puisque les partis ayant pris part auxdites élections auront montré, sur le terrain, la réalité et l’ampleur des fraudes, des manquements et autres dysfonctionnements qui remettent en cause la crédibilité des élections.
Par Jean-Bosco Talla



































