Cérémonie d’ouverture du Grand Dialogue national: discours de Joseph Dion Ngute

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  • Monsieur le Président du Sénat,
  • Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
  • Monsieur le Président du Conseil économique et social,
  • Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel,
  • Monsieur le Premier Président de la Cour Suprême,
  • Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement
  • Mesdames et Messieurs les Chefs des Missions diplomatiques,     
  • Monsieur le Gouverneur de la région du Centre,
  • Monsieur le Préfet du Département du Mfoundi,
  • Monsieur le Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé,
  • Camerounaises et Camerounais de la diaspora,
  • Chers compatriotes venus des Régions de I’ Adamaoua, du Centre, de l’Est, de l’Extrême-Nord, du Littoral, du Nord, du Nord-Ouest, de l’Ouest, du Sud et du Sud-Ouest,
  • Distingués invités,
  • Mesdames et Messieurs,

Je suis très honoré de prendre la parole ce jour, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du Grand Dialogue national décidé par le président de la République, Son Excellence Paul Biya.

Je voudrais très sincèrement remercier chacune et chacun d’entre vous, d’avoir répondu favorablement à l’invitation que vous avez reçue, pour prendre part à ce rendez-vous exceptionnel de notre histoire commune.

Je salue tout particulièrement nos frères et sœurs venus des profondeurs de notre pays, où des contrées éloignées du Cameroun, pour assister à ce Grand dialogue national.

Excellence, Mesdames et Messieurs,

Le 10 septembre 2019, le président Paul Biya s’est solennellement adressé à la nation. Dans son message, il a rappelé les origines corporatistes de la crise qui secoue les régions du Nord-ouest et du sud-ouest de notre pays, depuis 2016.

Le chef de l’État a souligné les mesures prises par les pouvoirs publics pour répondre aux préoccupations formulées par les syndicats d’enseignants et d’avocats d’expression anglaise. Il a également précisé que la réponse des pouvoirs publics à ces préoccupations est allée bien au-delà des attentes de ces syndicats.

Un projet sécessionniste s’est cependant greffé aux revendications corporatistes, conduisant à des actes ignobles de violence, et perturbant sérieusement la vie économique et sociale dans les deux régions concernées.

C’est pour mettre un terme à ces violences, et permettre aux régions du Nord-ouest et du Sud-ouest de retrouver la sérénité nécessaire au plein épanouissement des populations qui y vivent, que le chef de l’État a décidé, dans son mémorable discours à la nation du 10 septembre 2019, de convoquer ce Grand Dialogue national.

Mesdames et Messieurs,

Je mesure la responsabilité historique qui nous incombe, face à nos enfants, à nos petits enfants et aux générations futures. En décidant de convier les forces vives du Cameroun à ce Grand Dialogue national, le Président Biya rend chacun de nous entièrement responsable du destin de notre patrie.

Nous sommes donc ici réunis pour chercher à donner à notre collectivité nationale en général, et à nos frères et sœurs du Sud-ouest et du Nord-ouest en particulier, un rayon de lumière dans la nuit noire des tribulations actuelles.

Nous sommes ici pour rendre hommage à toutes les victimes innocentes des atrocités de ces trois dernières années sombres.

Permettez-moi, à ce stade, de vous prier de bien vouloir vous lever et d’observer une minute de silence, à la mémoire des victimes innocentes de ce conflit.

[ – ]

Je vous remercie.

Mesdames et Messieurs,

Le Grand Dialogue national souhaité par le président de la République pour rapprocher les hommes et les femmes de bonne volonté de notre pays dans un même lieu, un même espace, nous offre l’occasion inespérée d’un sursaut collectif, destiné à trouver des solutions concrètes et pragmatiques, loin des querelles de chapelles, aux problèmes qui nous ont séparés physiquement et intellectuellement ces dernières années.

Ce dialogue nous offre l’occasion de trouver, dans l’exemplarité de l’engagement des pères fondateurs de notre pays, la force de transcender nos différences, pour faire de notre diversité culturelle, une source de richesse pour nos populations.

Si l’histoire nous a faits héritiers de deux langues officielles que sont le français et l’anglais, notre intelligence commune devrait nous conduire à en user comme une source d’opportunités et non comme une source de contraintes dirimantes à notre vivre-ensemble, à en faire des leviers de notre progrès social, et non des pesanteurs nous conduisant vers les abîmes inconnus de la division et de la séparation.

Dans cette perspective, la gravité de la situation qui prévaut dans les deux régions du nord-ouest et du sud-ouest doit nous interpeller et nous préoccuper, mais surtout nous astreindre tous, individuellement et collectivement, indépendamment de nos régions d’origine, de nos convictions politiques ou religieuses, à une obligation de résultat, à savoir le retour de la paix et de la tranquillité dans ces deux régions.

Oui, c’est bien la recherche de cet objectif qui doit, chacun le sait, nous animer au cours de ces quatre prochains jours de notre rencontre, à une période cruciale de notre histoire.

Le peuple camerounais nous regarde. Le monde entier nous observe.

Il nous appartient désormais, d’indiquer de quelle manière nous voulons entrer dans l’histoire : voulons-nous que les générations futures gardent de nous le souvenir d’avoir été incapables de trouver des réponses consensuelles, à des préoccupations qui ne sont pourtant pas insolubles ? Ou alors, voulons- nous être considérés comme de véritables « artisans de paix », dans la résolution de cette crise qui a privé un grand nombre de nos enfants de leurs parents, de leur scolarité, et menacé leur avenir, parfois de manière irréversible ?

Notre intelligence commune et notre responsabilité individuelle doivent nous amener à défendre la paix, en tout temps et en tout lieu, quel qu’en soit le prix, et à rejeter l’horreur de la guerre, de ses massacres et de ses atrocités, qui pénalisent sur tous les plans les individus et la collectivité.

L’idéal de paix, premier élément de notre devise, que le chef de l’État s’attèle inlassablement à promouvoir et à consolider, doit être la quête absolue de cet important rendez-vous national.

C’est la raison pour laquelle toutes les composantes de notre nation ont été invitées à y participer. Il s’agit, conformément au vœu du président de la République, des représentants des pouvoirs publics, des organisations internationales et non gouvernementales, des associations, des partis politiques, des syndicats, des entreprises, de la diaspora, du clergé, des intellectuels, des journalistes, des commerçants, des groupes armés, des chefs traditionnels et autres leaders d’opinion.

En d’autres ternes, de tous les hommes et femmes épris de paix et de progrès.

La densité et la pertinence des contributions recueillies à travers différents canaux, à 1 ‘occasion des consultations que j’ai tenues ces deux dernières semaines et au-delà, sur très hautes instructions du chef de l’État, m’ont permis d’apprécier l’ardent désir de nos compatriotes, d’œuvrer d’une manière ou d’une autre, à la restauration de la paix sociale, à la reprise des activités économiques et à la reconstruction des infrastructures dans les Régions du Nord-ouest et du sud-ouest de notre pays.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Les assises du Grand Dialogue national qui nous réuniront tout au long de cette semaine permettront sans doute d’approfondir la réflexion sur différentes problématiques en lien avec l’avenir de notre pays.

Conformément à la feuille de route définie par le chef de l’État, nos échanges porteront spécifiquement sur huit (8) grandes thématiques, à savoir :

  • le bilinguisme, la diversité culturelle et la cohésion sociale ;
  • le système éducatif;
  • le système judiciaire ;
  • l’aide au retour des réfugiés et des personnes déplacées;
  • la reconstruction et le développement des régions touchées par la crise ;
  • le désarmement, la démobilisation et la réintégration des ex-combattants issus des groupes armes ;
  • le rôle de la diaspora dans la crise et la contribution au développement du pays ;
  • et enfin, la décentralisation et le développement local.

Ces thématiques seront abordées au cours des échanges en séances plénières, puis approfondies dans le cadre des travaux en commissions qui débuteront cette fin d’après-midi.

Mesdames et Messieurs,

L’avenir de notre pays repose entre nos mains. C’est un avenir que nous devons construire tous ensemble, ici et maintenant, à l’occasion de ce Grand Dialogue national.

J’en appelle donc au patriotisme et au sens de responsabilité de tous et de chacun. Tout au long de nos travaux, montrons-nous à la hauteur des attentes que le chef de l’État a placées en nous, et des espérances de nos compatriotes.

Comme l’a déjà rappelé le chef de l’État à l’occasion de l’un de ses discours à la nation, nous devons nous montrer dignes du sacrifice consenti par nos illustres devanciers pour bâtir la Nation camerounaise, et du combat légitime qu’ils ont menés contre l’oppression et la quête de la liberté.

C’est donc conscient de notre capacité et de notre détermination à relever cet important défi, et fort de nos espoirs communs à répondre aux aspirations profondes des populations des régions du Nord-ouest et du Sud- ouest, et de toutes les autres composantes de la Nation, que je déclare ouvertes les assisses du Grand Dialogue national.

Vive Son Excellence Paul Biya, président de la République, chef de l’État !

Vive le Cameroun !

Je vous remercie.-

  • The President of the Senate,
  • The Right Honourable Speaker of the National Assembly,
  • The President of the Economie and Social Council,
  • The President of the Constitutional Council,
  • The First President of the Suprême Court,
  • Distinguished members of Government,
  • Heads of Diplomatie Missions,
  • The Governor of the Centre Région,
  • The Senior Divisional Officer of the Mfoundi Division,
  • The Government Delegate to the Yaoundé City Council,
  • Fellow Cameroonians from the diaspora,
  • Dear compatriots from the Adamawa, Centre, East, Far-North, North, North-West, West, Littoral, South and South-West Régions,
  • Distinguished guests,
  • Ladies and Gentlemen.

I am very honoured to take the floor today, on the occasion of the opening ceremony of the Major National Dialogue convened by the President of the Republic, His Excellency Paul Biya.

I would like to thank each and every one of you most sincerely for responding favourably to the invitation you received to be part of this exceptional appointment in our common history.

I particularly welcome our brothers and sisters who hâve corne firom the remotest areas of our country and those who hâve corne from abroad to attend this Major National Dialogue.

Excellencies, Ladies and Gentlemen,

On 10 September 2019, President Paul Biya solemnly addressed the nation. In his message, he recalled the corporate origin of the crisis that has been hitting the North-West and South-West régions of our country since 2016.

The Head of State highlighted the measures taken by authorities to address the concems raised by English- speaking teachers’ and lawyers’ unions. He also pointed out that Government’s response to these concems has gone well beyond the expectations of these unions.

However, a secessionist project was added to the corporate demands, leading to despicable acts of violence and seriously disrupting économie and social life in these two régions.

It is in order to put an end to these acts of violence, and to enable the North-West and South-West Régions to regain the necessary serenity for the full development of the people living there, that the Head of State decided, in his mémorable speech to the nation on 10 September 2019, to convene this Major National Dialogue.

Ladies and Gentlemen

I appreciate the historical towards our children, our grandchildren and future générations. By deciding to invite Cameroon’s constructive forces to this Major National Dialogue, President Biya makes each of us fully responsible for the fate of our country.

We are therefore gathered here to seek to give our national community in general, and our brothers and sisters in the South-West and North-West in particular, a beam of light in the dark night of this tribulation.

We are here to pay tribute to ail the innocent victims of the atrocities of the last three dark years.

Allow me, at this juncture, to ask you to stand up and observe a minute’s silence in memory of the innocent victims of this conflict.

[•••] Thank you.

Ladies and Gentlemen,

The Major National Dialogue convened by the President of the Republic to bring together Cameroonians of good will in the same place and space, offers us the unexpected opportunity for a collective start, aimed at finding concrète and pragmatic solutions, far from petty squabbles, to the problems that hâve separated us physically and intellectually in recent years.

This dialogue offers us the opportunity to find, in the model of the commitment of our country’s founding fathers, the strength to transcend our différences and to make our cultural diversity a source of wealth for our people.

If history has made us heirs to two official languages, English and French, we should use them as a source of opportunity and not as a source to undermine our living- together, we should make them levers of our social progress, and not obstacles leading us towards the unknown abysses of division and séparation.

From this perspective, the gravity of the situation in the North-West and South-West Régions must challenge and concem us, but above ail, it must oblige us ail, individually and collectively, regardless of our régions of origin, our political or religious convictions, to achieve a resuit, that is, to restore peace and tranquillity in these two Régions.

Yes, it is the quest for this objective that must, as everyone knows, drive us during the next four days of our meeting, at this crucial time in our history. Cameroonians are watching us. The whole world is watching us.

It is now up to us to show how we want to make history: do we want future générations to remember that we were unable to find consensual answers to concerns that are not insoluble? Or, do we want to be considered as true “peacemakers” in resolving this crisis that has deprived many of our children of theirparents, their éducation, and threatened their future, sometimes irreversiblv

Our common intelligence and individual responsibility must lead us to defend peace, at ail times and in ail places, at ail costs, and to reject the horror of war, its massacres and atrocities, which pénalisé individuals and the community in every way.

The idéal of peace, the first element of our motto, which the Head of State is tirelessly working to promote and consolidate, must be the absolute quest for this important national meeting.

That is why ail components of our nation have been invited to participate. In accordance with the wishes of the President of the Republic, these include représentatives of public authorities, international and non-govemmental organizations, associations, political parties, trade unions, companies, the diaspora, clergy, intellectuals, joumalists, traders, armed groups, traditional leaders and other opinion leaders. In other  words, of ail men and women who love peace and progress.

The density and relevance of the contributions collected through different channels, during the consultations I hâve held over the past two weeks and beyond, on the instructions of the Head of State, hâve enabled me to appreciate the eagemess of our compatriots to work in one way or another to restore social peace, résumé économie activities and rebuild infrastructure in the North-West and South-West Régions of our country.

Excellentes, Ladies and Gentlemen,

This Major National Dialogue that brings us together throughout this week will undoubtedly allow us to deepen our reflection on various issues related to the future of our country.

In accordance with the roadmap defined by the Head of State, our discussion will focus specifically on eight (08) main thèmes, namely:

° bilingualism, cultural diversity and social cohésion:

  • the éducation System;
  • the judicial System;
  • assistance for the retum of refugees and displaced persons;
  • the reconstruction and development of the Régions affected by the crisis;
  • disarmament, demobilization and réintégration of ex-combatants from armed groups;
  • the rôle of the diaspora in the crisis and their contribution to the country’s development;
  • and fïnally, decentralization and local development.

These thèmes will be discussed during plenary sessions, then further developed within the ffamework of work in commissions, which will begin this late aftemoon.

Ladies and Gentlemen,

The future of our country is in our hands. It is a future that we must ail build together, here and now, on the occasion of this Major National Dialogue.

I therefore appeal to the sense of patriotism and responsibility of each and every one of us. Throughout our work, let us live up to the expectations that the Head of State and our compatriots hâve placed in us.

As the Head of State already reminded the nation in one of his speeches, we must be worthy of the sacrifice made by our illustrious predecessors to build the Cameroonian Nation, and the legitimate struggle they waged against oppression in the quest for ffeedom.

It is therefore mindful of our capacity and détermination to take up this important challenge, and strengthened by our common hopes to meet the deep aspirations of the people of the North-West and South­west Régions, and of ail the other components of the Nation, that I déclaré the Major National Dialogue open.

Long live His Excellency Paul Biya, President of the Republic, Head of State!

Long live Cameroon!Thanks for your kind attention.

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