Enseignements secondaires : le lycée d’Ahala dans l’eau

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Depuis le retour des pluies diluviennes, ce lycée d’enseignement secondaire général déborde d’eau.

La saison pluvieuse en cours depuis plusieurs semaines à Yaoundé a atteint une phase critique qui soulève moult interrogations au sein de la population face aux nombreux dégâts matériels enregistrés des suites des inondations. Celles-ci n’ont pas épargné le lycée d’Ahala. Situé dans l’arrondissement de Yaoundé III, le sol de ce lycée déborde d’eau, issue des grandes pluies qui s’abattent sur la capitale politique du Cameroun depuis plusieurs semaines.

L’intérieur d’une salle de classe du Lycée d’Ahala

Il est 9 heures 45 minutes dans ce lycée, ce vendredi 16 octobre 2020. Le ciel très assombri annonce déjà l’imminence d’une nouvelle pluie. Enseignants et personnel administratif font les derniers réglages pour éviter de subir les affres de dame nature. Trente minutes après le début de la pluie, l’école est immergée complètement d’eau. « Nous sommes des hommes aquatiques depuis cette saison qui surprend tout le monde. Depuis des années, nous n’avons jamais vécu cette densité d’eau. La situation est presque générale. L’eau quitte du chantier de la construction de la route Yaoundé-Nsimalen et rentre dans l’école. Lorsque nous quittons la maison après une pluie, on se dit qu’on va mettre encore les pieds dans l’eau. C’est vraiment difficile », raconte tristement un enseignant dont les propos renseignent sur le sentiment qui l’anime chaque fois qu’il doit venir à l’école en cette saison pluvieuse. Comme le reconnait l’un des surveillants qui a requis l’anonymat, « ici, l’eau nous gêne beaucoup et nous essayons de faire avec ». Anna, élève en classe de 3ème ne dit pas autre chose : « Quand il pleut ici, l’eau des pluies entre dans les salles de salles, alors on essaie de se mettre du bon côté pour ne pas être mouillé ». A la sortie de la récréation, les apprenants, heureux de voir la pluie cesser, plongent leurs pieds dans l’eau, malgré les avertissements sur les conséquences des eaux souillées sur la santé et les remontrances des responsables de l’établissement.

La cour du Lycée d’Ahala

Inconvénients sur la santé

 « Dans certaines classes, les enfants sont sans enseignants. Nous avons trois (03) enseignants qui sont déjà tombés malades parce qu’ils ne sont pas habitués à vivre cela. Chaque matin, un enfant vomit. Il faut comprendre que c’est la température et nous avons constamment les pieds dans l’eau. L’enfant n’est pas en sécurité », dira, affligé, l’un des surveillants généraux. Face à cette situation qui dure, selon les enseignants, « depuis des années », le personnel enseignant se montre compréhensif. « Nous sommes au moins autant agacés que les élèves. Nous comprenons leur émotion et leur énervement ».  Cela dit, la pluie perturbe aussi les cours. Evoquant les différentes conséquences sur les activités pédagogiques. « Nous n’arrivons plus à faire le cérémonial des couleurs à cause de l’eau stagnante dans la cour. Mais, on arrive à travailler ». L’élément le plus préoccupant pour lui, ce sont les bâtiments qui commencent à ressentir les effets de cette saison pluvieuse. « L’eau coule sérieusement dans les salles de classe, cela endommage les équipements pédagogiques », fait observer un enseignant.

Néanmoins, le programme scolaire se poursuit et se déroule normalement dans certaines classes, selon les propos de l’un des dix surveillants généraux. Pourtant, cette période n’est pas du tout favorable pour le déroulement correct des cours. « Avec la pluie certains élèves viennent en retard et cela retarde les activités pédagogiques », laisse entendre l’enseignant.

Créer des ouvertures au niveau des tuyaux pouvant permettre de drainer l’eau de l’école vers le caniveau, remblayer l’école, sont, entre autres, les doléances du personnel enseignant et administratif de ce lycée de l’arrondissement de Yaoundé III pour limiter les dégâts.

ESN

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