Législatives et municipales : Aux urnes le 9 février 2020

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Le président de la République vient de signer, ce jour 10 novembre 2019, un décret portant convocation du Corps électoral.

D’après ce décret, « le corps électoral est convoqué le dimanche 9 février 2020 à l’effet de procéder à l’élection des députés à l’Assemblée nationale et des conseillers » (article 1), « le scrutin sera ouvert à 8 heures et clos à 1h »

La convocation du corps électoral vient mettre un terme aux supputations qui allaient bon train et selon lesquelles les législatives et les municipales allaient être reportées à une date ultérieure, au regard du contexte sociopolitique dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest.

Décret portant convocation du corps électoral

Selon un observateur attentif et spécialiste des questions de sécurité, « la situation dans ces deux régions du nord-ouest et du sud-ouest se stabilise, car les choses reviennent de plus en plus en la normale et la vie reprend son cours normal, en dehors de quelques actes isolés que l’on peut observer de temps à autre perpétrés par quelques individus qui avaient fait de cette situation de crise un fonds de commerce. »

Bien plus, avec la convocation du corps électoral, les inscriptions sur les listes électorales ne sont plus possibles, même comme le président de la République a choisi de convoquer le corps électoral au moment où les inscriptions sur les listes électorales étaient déjà closes. En effet, la loi électorale encadre la période réservée aux inscriptions sur les listes électorales. Elle indique que les inscriptions sur les listes électorales commencent le 1er janvier et se terminent le 31 août de chaque année.

Cette convocation a suscité plusieurs commentaires sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook. Bobo MounFoumbain relève que cette convocation « signifie que la loi électorale ne peut plus être modifiée ». Tel n’est pas l’avis de Pierre Clotaire Ngwe indique pour sa part que « la convocation du corps électoral est un acte de mobilisation de l’électorat… Elle n’empêche pas la tenue de l’agenda du parlement ».Bobo MounFoumbain n’est pas de cet avis, car selon lui, « on ne convoque pas à une compétition quand les règles de la compétition ne sont pas connues. C’est sur la base du code électoral actuel (recueil des lois électorales) que les élections sont convoquées »

Charlie Tchikanda, militant du Social Démocratic Front (SDF) pense que ces élections n’auront pas lieu à la date prévue et que Paul Biya voulait seulement rester légaliste. « Pour moi, Paul Biya a convoqué le corps électoral pour rester légaliste. Je pense que quelques amendements cosmétiques seront apportés au code électoral au cours de cette session [parlementaire] pour donner à Paul Biya les nouvelles bases juridiques pour reporter à nouveau les élections. C’est un scénario qu’il ne faudrait pas exclure dans les analyses. Paul Biya sait que c’est un suicide politique pour lui que d’organiser les élections de proximité sans le retour de la paix dans le NoSo. », écrit-il. Hypothèse absurde, rétorque Sylvain.
Jerome Djimpé, activiste, « ne comprends pas comment on peut aller aux élections sans la prise en compte des recommandations du dialogue national qui demandait entre autres la révision du code électoral. »

Dans tous les cas, les partis politiques qui veulent prendre part aux différentes élections doivent désormais s’atteler à la confection des listes des candidatures. En ce qui concerne les municipales, « (1) Les candidatures font l’objet, dans les quinze (15) jours suivant la convocation du corps électoral, d’une déclaration en trois (3) exemplaires, revêtue des signatures légalisées des candidats, auprès du démembrement communal d’Elections Cameroon. Cette déclaration est déposée contre récépissé. » (article 181).
Les candidats à l’élection des députés disposent également de quinze (15) jours suivant la convocation du corps électoral, pour déclarer leurs candidatures (article 164)

Fabien Okonkwo

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