Entreprises publiques : Le doyen des DG prend sa retraite après 41 ans de sévices rendus

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Ernest Roland Ela Evina n’est plus le Directeur général du Centre national d’études et d’expérimentation du machinisme agricole (CENEEMA). L’octogénaire né dans la région du Sud a été remplacé à ce poste par madame Mebande Bate, née Ekotto Minkouna Andrée Caroline Mélanie. Le décret du président Paul Biya qui met un terme au bail de celui qu’on avait fini par surnommer « l’inamovible » est tombé ce vendredi 6 décembre 2019.

Le remplacement d’Ernest Roland Ela Evina vient déconstruire un certain nombre de théories suscitées dans l’esprit des Camerounais par son long séjour à la tête de cette entreprise à capitaux publics qui, au fil des ans a sombré dans la léthargie au point où parler d’une société grippée n’est qu’un euphémisme. En effet, incapable de comprendre pourquoi le sieur Evina était maintenu à la tête du Ceneema pendant…41 ans (il a été nommé en 1978), alors que la loi limite à 9 ans le mandant des Directeurs généraux d’entreprises publiques au Cameroun, certains ont pensé qu’avant sa démission, le président Ahidjo qui l’avait nommé avait fait don de cette société à son Directeur général. Une lecture renforcée par la gestion patrimonialiste que ce dernier faisait du Ceneema. D’autres ont plutôt pensé que c’est Paul Biya qui avait offert cette structure, à titre de récompense à celui qui, pendant plus d’une décennie, a modernisé les plantations du président dans son village à Mvomeka’a. D’autres ont convoqué le parallélisme de forme pour se demander si Paul Biya s’estimait juridiquement infondé à remplacer un Directeur général nommé par son prédécesseur et qu’il revenait à ce dernier de venir le remplacer ! Les plus drôles se sont demandés si le président n’a pas tout simplement oublié qu’il y avait quelque part au Cameroun un fonctionnaire qui tend vers un demi-siècle à la tête d’une entreprise publique. Ce d’autant plus que depuis plus de 30 ans, le Ceneema n’a posé aucun acte d’envergure qui pouvait lui trouver une place dans la conscience collective. La nomination de madame Mebande Bate, née Ekotto Minkouna Andrée Caroline Mélanie vient mettre un terme à ce questionnement.

Mais il ne s’agit là qu’une hirondelle qui, espèrent de nombreux Camerounais, annonce le printemps. Car, plusieurs autres directeurs généraux d’entreprises publiques sont encore illégalement en poste. Il s’agit, entre autres d’Adolphe Fridolin Elame Moudiki de la SNH, Marie-Claire Nana de Sopecam, Joseph Tedou de l’INS, Yaou Aïssatou de la SNI, etc.

Olivier Atemsing Ndenkop

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